Installer Proxmox Backup Server : tutoriel pas à pas 2026
Tutoriel complet pour installer PBS 4.2 en 2026 : prérequis, ISO, partitionnement ZFS, datastore, premier backup et tuning post-install.
Lors du déploiement d’un nouveau Proxmox Backup Server sur l’un de nos serveurs managés, l’installation depuis l’ISO prend quelques minutes. Le tuning ZFS, la création du datastore, la première sauvegarde testée et un backup d’au moins une VM représentent ensuite une à deux heures supplémentaires. Ce tutoriel suit la séquence que nous appliquons en interne, adaptée pour quelqu’un qui installe son premier PBS.
L’objectif : à la fin du tutoriel, vous disposez d’un PBS 4.2 fonctionnel, d’un datastore ZFS correctement configuré, d’un host Proxmox VE qui y pousse ses sauvegardes, et d’un test de restauration qui valide la chaîne complète. C’est le minimum pour qualifier un PBS de « prêt pour la production ». Toutes les commandes ont été vérifiées sur PVE 9 et PBS 4.2, les versions de référence en 2026.
Prérequis matériel et réseau
PBS reste sobre en CPU et en RAM. Côté disques, il l’est nettement moins. Nous commençons par cette ligne parce que c’est le poste sur lequel les dimensionnements initiaux sont le plus souvent sous-évalués.
CPU et RAM. Pour un PBS de petit parc (jusqu’à 30-40 VM, 5-10 To de données utiles), 4 cœurs et 16 Go de RAM suffisent. Au-delà, nous prévoyons environ 0,5 Go de RAM par To brut de datastore pour l’ARC ZFS, plus 4 à 8 Go pour le système et les jobs PBS. Notre dimensionnement type pour un PBS dédié à 50-100 VM se situe autour de 8 cœurs et 32 à 64 Go.
Disques. Trois rôles à séparer :
- Système : 2x SSD en mirror ZFS. 240 Go suffisent largement.
- Datastore principal : grappe HDD ou NVMe selon le budget. RAIDZ2 lorsque la priorité est la résilience double-disque, mirror lorsque la priorité est la performance random-IO.
- Special device ZFS (recommandé pour les pools HDD) : 2x SSD NVMe en mirror, dimensionnés à environ 0,3 % de la taille du pool. Cette configuration ramène un garbage collection PBS de 6 heures à 40 minutes sur les pools HDD.
Réseau. 2x interfaces 10 Gb au minimum si vous visez un débit de sauvegarde supérieur à 500 Mo/s. À 1 Gb, le débit sature à 110 Mo/s, ce qui suffit pour 5-10 To mais devient limitant au-delà. Prévoyez du LACP ou du failover sur les deux liens.
OS et version. PBS 4.2 est basée sur Debian 13. L’architecture x86_64 reste la seule officiellement supportée, l’ARM ne l’est pas. Nous déconseillons d’installer PBS sur un PVE existant : c’est techniquement possible, mais cela mélange les responsabilités, complique les redémarrages, et crée des dépendances que nous regrettons généralement le jour d’un incident.
Installation : ISO, boot, partitionnement
L’ISO PBS se télécharge depuis le site Proxmox (section Downloads, choisir Proxmox Backup Server, ISO Installer). Vérifiez le checksum SHA-256 fourni à côté du lien : c’est une étape essentielle. L’ISO de PBS 4.2 fait environ 1,3 Go.
Pour booter, deux options selon votre infrastructure :
- Serveur physique : graver sur clé USB avec
dd if=proxmox-backup-server_4.2-1.iso of=/dev/sdX bs=1M status=progress conv=fsync, ou via IPMI/iDRAC en virtual media. - Machine virtuelle : montez l’ISO en CD virtuel. Sous PVE, la combinaison UEFI + disque virtio fonctionne correctement.
L’installeur graphique vous guide en sept écrans :
- Acceptation EULA.
- Choix du disque système. Sélectionnez vos 2x SSD en mode
zfs (RAID1)via le bouton Options. Conservez les valeurs par défautcompress=on,checksum=on,ashift=12. - Localisation : Country, timezone, keymap. Le keymap par défaut en
frenvoie un AZERTY qui posera problème en SSH depuis un terminal QWERTY. Choisissez en connaissance. - Mot de passe root et email admin. L’adresse admin reçoit les alertes ZFS, les notifications de jobs et les rapports de prune. Renseignez une adresse effectivement consultée.
- Configuration réseau. IP statique recommandée, FQDN qui résout dans votre DNS, gateway et DNS du LAN. Si vous prévoyez un certificat Let’s Encrypt, le FQDN doit être joignable depuis Internet en HTTP-01 ou résolvable en DNS-01.
- Récapitulatif et démarrage de l’installation. Comptez 6 à 10 minutes selon la vitesse des SSD.
- Reboot. Retirez l’ISO du media virtuel ou la clé USB, redémarrez.
Au reboot, vous arrivez sur une console PBS qui affiche l’URL https://<ip>:8007. C’est l’interface web. SSH écoute en parallèle sur le port 22 avec l’utilisateur root créé à l’installation.
Premier accès et datastore ZFS
Connectez-vous sur https://<ip>:8007 en root@pam avec le mot de passe défini à l’installation. Le navigateur affiche un avertissement sur le certificat self-signed. C’est attendu, nous y revenons plus loin.
Mise à jour avant tout : Datacenter >
Avant de créer le datastore PBS, nous préparons le pool ZFS sur la grappe data, directement depuis l’interface web.
Rendez-vous dans Administration > Disks. La vue liste l’ensemble des disques détectés par le système avec leur taille, leur modèle, leur numéro de série et leur état d’utilisation. Vérifiez que les disques destinés au datastore sont bien tous présents et non utilisés. Si l’un d’eux affiche un usage résiduel d’une ancienne installation, sélectionnez-le et cliquez sur Wipe Disk pour le préparer.
Dans le sous-menu Administration > Disks > ZFS, cliquez sur Create: ZFS. Le formulaire qui s’ouvre est l’endroit où se prennent les décisions structurantes du datastore :
- Name :
tank(ou tout identifiant court qui parlera à l’équipe d’exploitation). - RAID Level : RAIDZ2 pour un pool de six HDD avec résilience double-disque. Mirror si la priorité est la performance random-IO sur deux disques.
- Compression : zstd. C’est le choix par défaut recommandé depuis OpenZFS 2.1, avec un meilleur ratio que
lz4pour un coût CPU négligeable sur les processeurs récents. - ashift : 12 (taille de bloc 4 Ko, valeur correcte pour la quasi-totalité des disques modernes).
- Add Storage : laissez décoché. PBS gère lui-même le datastore, on ne veut pas qu’il soit ajouté en tant que stockage PVE.
- Devices : cochez les disques HDD à inclure dans le pool.
Validez avec Create. PBS crée le pool en quelques secondes. Vérifiez ensuite dans la liste ZFS que le pool apparaît avec le statut online.
Pour ajouter un special device SSD au pool (recommandé pour les pools HDD, voir prérequis matériel), repassez dans Administration > Disks > ZFS, sélectionnez le pool tank et utilisez l’action Add: Special Device pour y attacher les deux NVMe en mirror. Cette opération est non destructive et peut se faire après-coup, sans interrompre le service. Le special device reçoit les métadonnées et les petits fichiers, ce qui accélère sensiblement le garbage collection PBS.
Une fois le pool prêt, créez le datastore PBS proprement dit : Datastore > Add Datastore. Backing path = /tank/datastore (ou le point de montage exact du pool), Name = un identifiant court (ds01). Cochez Mount on boot. PBS crée la structure de chunks et de namespaces.
Profitez de cette étape pour mettre en place un certificat propre. Si le PBS est exposé sur un FQDN public, demandez un Let’s Encrypt depuis l’interface (Certificates > ACME). En interne, utilisez votre PKI ou un certificat wildcard. Les sauvegardes elles-mêmes sont chiffrées côté client, mais l’API web mérite un certificat reconnu pour ne pas habituer les administrateurs à ignorer les avertissements.
Connecter un host Proxmox VE et lancer un backup de test
Côté PBS, créez un token API plutôt que d’utiliser le mot de passe root. Datacenter > Permissions > API Tokens > Add. User = root@pam, Token name = pve-prod-01. Décochez Privilege Separation pour ce premier test. Notez la valeur du token : elle ne sera plus affichée par la suite.
Récupérez le fingerprint SHA-256 du certificat PBS via Datacenter > Certificates et copiez la valeur. PVE l’utilisera pour vérifier qu’il dialogue avec le bon serveur.
Côté PVE, ajoutez le PBS comme storage : Datacenter > Storage > Add > Proxmox Backup Server.
- ID :
pbs01 - Server : FQDN ou IP du PBS
- Username :
root@pam!pve-prod-01(le suffixe!nomaprès l’utilisateur indique un token) - API token : la valeur copiée plus haut
- Datastore :
ds01 - Fingerprint : la valeur SHA-256 collée
Validez. PVE teste la connexion, et l’icône du storage passe au vert si la liaison est correcte. Vous pouvez maintenant lancer une sauvegarde manuelle : sélectionnez une VM, Backup > Backup now > Storage = pbs01. Pour ce premier test, prenez une VM de 20 à 50 Go : la sauvegarde s’effectue rapidement et remplit suffisamment le datastore pour valider la chaîne complète.
Une fois la sauvegarde terminée, revenez sur l’interface PBS, Datastore > ds01 > Content. Votre snapshot apparaît avec le hash, la taille brute, la taille compressée et le ratio de déduplication. Effectuez le test de restauration dans la foulée, faute de quoi il sera repoussé indéfiniment : sélectionnez le snapshot, Restore, vers un nouveau VMID. PVE restaure la VM dans le storage cible. Sur une VM Linux de 30 Go, comptez 3 à 5 minutes en LAN 10 Gb.
Tuning post-install que nous appliquons en production
Trois éléments que nous configurons systématiquement avant de considérer un PBS comme « prêt ».
Limiter l’ARC ZFS si nécessaire. Par défaut, ZFS prend jusqu’à 50 % de la RAM disponible pour son cache. Sur un PBS dédié, ce comportement convient. Si vous souhaitez prédire la consommation mémoire ou si la machine héberge d’autres services :
echo 'options zfs zfs_arc_max=8589934592' >> /etc/modprobe.d/zfs.conf # 8 Go max
update-initramfs -u
Reboot pour appliquer. Vérifiez ensuite avec arc_summary | grep 'ARC Size'.
Schedule de garbage collection et de prune. Datacenter > Datastore > ds01 > Prune & GC. Nous configurons :
- Prune :
keep-daily=7, keep-weekly=4, keep-monthly=6pour démarrer. À adapter ensuite selon la rétention voulue. - Garbage collection : une fois par jour à une heure creuse (typiquement 3h du matin). Le GC libère l’espace des chunks non référencés. Sans GC, le datastore ne récupère jamais l’espace des sauvegardes expirées.
Notifications email. Datacenter > Notifications. Configurez le SMTP (relais interne ou Postfix local + DKIM si la délivrabilité est un sujet), puis activez les notifications sur jobs failed, ZFS scrub failed et prune errors. Sans cela, le problème se découvre généralement trois mois plus tard, lorsqu’un disque est HS depuis trois mois également.
Un dernier point que beaucoup d’équipes négligent : planifiez un scrub ZFS mensuel. Sur Debian/PBS, le timer zfs-scrub-monthly@<pool>.timer est livré mais désactivé. La commande systemctl enable --now zfs-scrub-monthly@tank.timer couvre ce point.
Aller plus loin
Avec un PBS opérationnel, un datastore ZFS tuné et un host PVE qui y pousse ses sauvegardes, vous disposez de la base. Les sujets à traiter ensuite, dans l’ordre :
- Copie 3-2-1. Le PBS que nous venons d’installer est un site unique. Pour respecter la règle 3-2-1-1-0, ajoutez une cible distante (sync vers un second PBS, ou export S3 via le support natif de PBS 4). Le risque qu’un ransomware atteigne le PBS local et chiffre les sauvegardes n’est pas théorique.
- Chiffrement client. PVE peut chiffrer les chunks avant envoi avec une clé que PBS ne voit jamais. Un cran de sécurité supplémentaire qui n’a aucun coût de performance perceptible.
- Multi-tenancy via namespaces. Lorsque plusieurs équipes partagent le même PBS, isolez leurs sauvegardes dans des namespaces distincts avec ACL fines. Cela évite qu’un administrateur junior liste ou supprime par mégarde les sauvegardes d’une autre équipe.
- Tests de restauration formalisés. Une sauvegarde non testée n’est pas une sauvegarde. NIS2 et DORA imposent des tests documentés avec des temps de restauration mesurés.
Si vous préférez confier l’installation, le tuning et l’exploitation au quotidien à un opérateur dédié plutôt que de les internaliser, notre offre PBS managé Cloud-PBS couvre l’ensemble des étapes décrites dans ce tutoriel, de la mise en service au monitoring 24/7. Pour comprendre le pourquoi de cette démarche (RTO, RPO, règle 3-2-1-1-0, audit DORA), notre guide complet de la sauvegarde Proxmox 2026 couvre la stratégie en amont. Et si vous arrivez d’un environnement Veeam et que la décision de basculer reste ouverte, le comparatif PBS vs Veeam 2026 chiffre l’arbitrage.
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